énergie solaire à Paris : Un pari difficile ?
« Si l’homme a marché sur la lune il y a un peu plus de 30 ans, On devrait pouvoir installer des panneaux solaires à Paris… »

photo credit: danorbit . 丹尼尔
C’est le point de vue de Guillaume de Monfreid, architecte et dessinateur, qui était invité le 18 février au Café Energie organisé par l’EDIF (association Energies Durables en Ile de France) et le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement) de Paris.
Et il est bien révélateur des nombreux freins à l’intégration de cette nouvelle source d’énergie dans les centres urbains de France. Le premier : La législation sur les monuments historiques qui stipule qu’un immeuble classé ne peut être modifié, même en partie, sans l’accord préalable du ministère de la Culture (DRAC). De surcroît, toute modification effectuée dans le champ de visibilité d’un bâtiment classé (soit à moins de 500m), doit obtenir l’accord de l’architecte des bâtiments de France.
Autrement dit, si vous souhaitez poser des panneaux solaires sur le toit de votre copropriété parisienne, ne rêvez pas trop. Vous vous heurterez à de fortes contraintes techniques et architecturales. Techniquement, il faut avoir un toit dégagé, bien exposé au sud. Il y en a. Côté architecture, c’est une autre paire de manches. Vous êtes à moins de 500 m d’un monument historique ou d’un immeuble classé ? C’est l’architecte des bâtiments de France qui décide et la plupart sont frileux sur ces questions, convaincus que le panneau solaire ne peut que nuire à l’harmonie esthétique. « Mais beaucoup de toits de Paris sont gris/bleu et les panneaux solaires bleu/gris pourraient très bien se fondre avec les autres toitures », objecterez-vous. L’argument risque fort d’être rejeté « Vous comprenez, ce ne sont pas les mêmes matériaux… » .La solution viendra peut-être de la technologie. Le silicium amorphe permet d’intégrer les propriétés des modules solaires à n’importe quel substrat (du zinc, par exemple) et on peut espérer bientôt rendre un toit ou une façade « solaire », avec juste un ravalement spécial.
En attendant, ne vous découragez pas. Dans le cadre d’une rénovation ou d’un immeuble neuf, le panneau solaire est possible. Le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement) de Paris a même prévu d’éditer prochainement (avec l’ADEME, la Direction de la Ville de Paris et la Commission du vieux Paris) « une fiche pédagogique » qui offrira des « pistes de réflexion » (mais pas de conseils pratiques) sur les installations solaires.
Notre maire Bertrand Delanoë, lui, est bien décidé à faire de Paris « une capitale mondiale de l’énergie solaire ». C’est inscrit dans l’un des 6 défis prioritaires de son programme. Objectifs : installer 3300m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits de la halle Pajol pour en faire la plus grande unité de production photovoltaïque au cœur d’une ville en France. L’Office HLM de Paris devrait installer aussi 10000m2 de panneaux, sur les immeubles qu’il gère et les nouvelles constructions relevant de la municipalité devraient être systématiquement équipées de capteurs solaires. Enfin la Ville engagera, en partenariat avec les copropriétés volontaires, un vaste plan d’installation de panneaux photovoltaïques là où c’est techniquement possible. Au total, ces actions devraient permettre l’installation de 200000m2 de panneaux solaires d’ici 2014.
Ouf. On n’est pas si coincés dans notre Ville musée. On espère seulement que les architectes des bâtiments de France ne recaleront pas trop de projets.
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